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Francis Lucille est un maître spirituel appartenant à la tradition de l'Advaita Védanta. Il fut pendant de longues années le disciple et ami proche de Jean Klein. Influencé par Ramana Maharshi, Krishnamurti, Wei Wu Wei (qu'il connaissait personnellement) et Krishna Menon, il était aussi lié d'amitié avec les sages Robert Adams, Yvan Amar, Wolter Keers, Robert Linssen et William Samuel. De nombreux enseignants contemporains de l'advaita sont venus participer à ses entretiens. Francis Lucille ne traite que d'un seul sujet: la conscience, notre nature véritable, l'Absolu. C'est là l'enseignement ancient de la non-dualité, le tronc commun de l'Advaita Vedanta, du Boudhisme Ch'an ou Zen, du Taoisme, du Soufisme et de la Gnose. 





Introduction à l'Advaita

Advaita est un mot sanscrit dont le sens litéral est <<non deux>> ( synonymes: non dualité, non-dualité). L'advaita n'est ni une philosophie, ni une religion. La non-dualité est une expérience dans laquelle il n'y a pas de séparation entre un sujet et un objet, entre un <<moi>> et le reste de l'univers, entre un <<moi>> et Dieu. C'est l'expérience de la conscience pure, notre nature véritable, se révélant comme bonheur absolu, amour et beauté. La conscience est définie comme ce qui perçoit ces mots-mêmes ici et maintenant.

Le sage est celui qui se sait être cette conscience dans tous les moments de sa vie. Comme la conscience est impersonnelle et universelle, il n'y a en fait qu'un seul sage par-delà les apparentes distinctions de race, de gendre, d'age, etc. Un sage n'est pas nécessairement un enseignant spirituel, et un enseignant n'est pas forcément un sage. Ramana Maharshi, Krishna Menon et Jean Klein furent de tels sages qui enseignèrent au cours du XXème siècle. Ramana Maharshi avait recours à la méthode appelée <<enquête du soi>> avec ses disciples les moins avancés. L'aspirant qui pratique l'enquête du soi maintient son attention fixée sur la source de la pensée <<je>> et du sentiment <<je>> chaque fois que ces derniers se présentent. Une fois que l'éveil (ou illumination) s'est produit, l'enquête du soi continue sans effort. L'attention retourne spontanément à sa source à la fin de chaque pensée ou sentiment et aucune concentration n'est désormais nécessaire.

Les disciples plus avancés peuvent être amenés directement à l'expérience de leur soi véritable par l'écoute de la vérité de la bouche même de leur gourou et/ou par l'écoute silencieuse en sa présence. C'est là la voie directe, utilisée, parmi d'autres, par Ramana Maharshi, Atmananda Krishnamenon et Jean Klein. Le processus de réalisation continue alors spontanément, avec l'aide de l'enseignant, jusqu'à ce que le corps-mental-univers du disciple réside fermement dans la paix et la félicité du Soi.

Tout ce qui peut être dit au sujet de l'expérience non-duelle, y-compris ces mots, est, au mieux, une pâle approximation au niveau conceptuel, un simple panneau indicateur qui pointe vers l'expérience sans être l'expérience. La tradition du Boudhisme Zen emploie la métaphore du doigt pointant vers la lune: Bien que l'un pointe vers l'autre, doigt et lune appartiennent à deux planètes différentes.

L'Advaita transcende toutes les religions, philosophies et nationalités. Il ne divise point, mais au contraire unifie. Alors que des membres sectaires de religions différentes ne peuvent jamais tomber d'accord sur leurs concepts de Dieu, des sages de provenances les plus diverses ne peuvent jamais être en désaccord sur leur commune expérience de la non-dualité. Les fondateurs de toutes les grandes religions étaient des sages.

La non-dualité est au coeur même de l'Indouisme, du Soufisme, du Boudhisme Zen, du Shivaisme et des enseignements du Christ:

Indouisme: <<Ce qui n'est pas (l'univers objectif en tant que séparé du Soi) ne saurait venir à l'être, et ce qui est (le Soi) ne saurait cesser d'être.>> (Baghavad gita)

Indouisme, Shivaisme: <<Oh Merveille! Cette illusion, bien qu'elle s'exprime dans la multiplicité des êtres et des choses, n'est rien d'autre que la conscience une. Ah! Tout n'est que pure essence consciente.>> (Abhinavagupta)

Soufisme: << Il n'est rien qui ne soit Lui.>> ( Ecole de l'Unicité absolue, Andalousie)

Boudhisme Cha'n: << Question: Lorsque le son cesse, la conscience cesse-t-elle? Réponse: La conscience jamais ne cesse.>> (Hui Hai)

Indouisme, Shivaisme: << Cet univers s'éveille quand Tu t'éveilles et s'abolit quand Tu te retires. Donc, la totalité de ce qui existe et de ce qui n'existe pas n'est rien d'autre que Toi.>> (Abhinavagpta)

Christianisme: <<Jésus a dit: "Je" est la lumière qui est au-dessus de toutes choses. "Je" est le Tout d'où toute chose émane et où toute chose retourne.>> (Thomas, 186)

L'éveil ou illumination est la re-connaissance soudaine de la non-dualité qui est, a toujours été et sera à jamais la réalité de notre expérience. La dualité est une illusion. La conscience n'est pas personnelle, privée et mortelle mais impersonnelle, universelle et éternelle. Il n'y a pas d'entité personnelle limitée, d'ego conscient. L'ego est un objet perçu, non la toute-percevante conscience.

La réalisation du Soi est la stabilisation subséquente dans la paix, la félicité et la liberté de notre être naturel. Le monde, vu dans la lumière de la conscience impersonnelle, se révèle comme miracle permanent, spectacle divin célébrant sa source invisible.

Un gourou (maître spirituel) vivant est nécessaire dans la plupart des cas pour contribuer à l'éveil et à la réalisation. Bien que le karana gourou ( le gourou dont le rôle est d'aider le disciple lors des derniers stades du processus de réalisation) apparaisse au disciple comme un être humain séparé, il (ou elle) est sciemment la conscience universelle. Il perçoit le disciple comme son propre Soi. La conscience du disciple, étant reconnue pour ce qu'elle est vraiment, entre en résonance avec la présence silencieuse du gourou. Le mental du disciple devient de plus en plus tranquille, avec ou sans échange de paroles, jusqu'au moment où le disciple a un aperçu de la joie sans cause inhérente à son être profond. Une relation d'amour, de liberté et d'amitié s'établit alors qui conduit à la stabilisation du disciple dans la paix et la félicité.

Un karana gourou authentique ne se considère jamais comme supérieur ou inférieur à qui que ce soit, ni ne se considère ou considère quiconque comme un sage ou un ignorant, comme un maître ou un disciple. Cette attitude impersonnelle spontanée crée un parfum distinct d'amitié et de liberté qui est une condition nécessaire au succès des derniers stades du processus de réalisation.

Francis Lucille, 1998




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